LES HÔTELS LITTÉRAIRES

Exposition : "Tourgueniev et ses amis français : Flaubert, les Viardot et George Sand"

Portrait d'Ivan Tourgueniev par Repine, 1874 - Galerie Tretiakov, Moscou

À l’occasion du Colloque international : « Ivan Tourgueniev et le roman européen », organisé à Rouen et à Bougival, du 9 au 11 avril 2026, avec le concours des Amis de Flaubert et de Maupassant et de leur président Yvan Leclerc, les Hôtels Littéraires organisent une exposition consacrée à l’écrivain russe, composée d'éditions originales et de manuscrits autographes.

Ivan Tourgueniev (1818-1883) fut sans doute le plus Français des écrivains russes, et à bien des égards le plus Européen d’entre eux - ainsi que le souligne la spécialiste Françoise Flamant, éditrice de ses œuvres dans la Pléiade - et certainement l’écrivain russe le plus célèbre en France de son vivant.

L’amour de sa vie fut la cantatrice Pauline Viardot, épouse de son ami Louis Viardot. C’est dans leur cercle qu’il rencontra George Sand, qu’il lui rendit visite à plusieurs reprises à Nohant, et qu’il se lia d’une profonde amitié avec Gustave Flaubert dont il fut le dernier confident.

Vitrine "Tourgueniev et les Viardot"

La passion d’Ivan Tourgueniev pour la célèbre cantatrice Pauline Viardot, née Garcia, sœur de la Malibran et épouse de son ami Louis Viardot - homme de lettres, auteur de nombreux ouvrages dédiés à l’art, à la chasse, aux voyages, traducteur de Cervantès -, dura près d’une quarantaine d’années.

Il passa les dix dernières années de sa vie dans sa « Datcha » à Bougival, au cœur du domaine des Frênes, acquis en partie par ses soins, où résidaient les Viardot. Ils formèrent ensemble un curieux ménage à trois, intellectuel et artistique, marqué par une riche correspondance et une grande admiration mutuelle.

On pourra admirer dans les vitrines des numéros illustrés de journaux d’époque consacrés à Pauline Viardot, des éditions originales d’ouvrages de Louis Viardot et d’Ivan Tourgueniev, ainsi que la correspondance de Tourgueniev à Pauline Viardot.

Vitrine "Tourgueniev et Flaubert"

Celui que Flaubert appelait affectueusement « le Moscove » admirait profondément l’auteur de Madame Bovary et de Salammbô. Il lui offrit un chef-d’œuvre : Dimitri Roudine, en 1863, et la lettre de remerciement écrite par Flaubert marqua le début de leur amitié et d’une superbe correspondance. Après la mort de Louis Bouilhet en 1869, Ivan Tourgueniev fut le dernier confident et ami de Flaubert.

Les vitrines de l’exposition présentent l’édition originale de Dimitri Roudine, avec la dédicace de Tourgueniev à Flaubert, et la réponse manuscrite de Flaubert pour le remercier :

« Depuis longtemps, vous êtes pr moi un maître… De même que quand je lis Don Quichotte je voudrais aller à cheval, – sur une route blanche de poussière et manger des olives & des oignons crus à l’ombre d’un rocher, vos Scènes de la vie russe me donnent envie d’être secoué en télègue au milieu de champs couverts de neige – en entendant des loups aboyer…

Tout en étant particulier vous êtes général… J’ai été bien heureux il y a quinze jours de faire votre connaissance & de vous serrer les mains. – C’est ce que je fais de nouveau – plus fortement que jamais… »

On trouve également une lettre autographe de Tourgueniev, une autre lettre de Flaubert à Tourgueniev et l’édition originale des « Souvenirs d’enfance ».

Vitrine "Tourgueniev et George Sand"

George Sand fut l’amie intime de Pauline Viardot, née Garcia, l’héroïne de son roman Consuelo, avant de rencontrer l’écrivain russe Ivan Tourgueniev. Elle partageait sa profonde affection pour Gustave Flaubert et ils vinrent ensemble la visiter à Nohant, laissant un curieux billet autographe qui réunit leurs trois signatures.

Les vitrines de l’exposition présentent deux volumes reliés de l’édition originale de Consuelo, l’un des plus beaux romans de George Sand, dédié à Pauline Viardot qui servit de modèle pour l’héroïne éponyme ; une lettre autographe de George Sand à Gustave Flaubert (21 décembre 1868) dans laquelle elle lui fait part de son regret de n’avoir pu l’inciter à venir la voir à Nohant :

« Tourgueneff a été plus heureux que nous, puisqu’il a pu t’arracher à ton encrier. Je le connais très peu, lui, mais je le sais par cœur. Quel talent, et comme c’est original et trempé ! ».

L’exposition dévoile encore trois éditions originales de Tourgueniev : Les reliques vivantes (1876), Mémoires d’un seigneur russe (1854) et une pièce splendide, Récits d’un chasseur (1858).

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