George Sand dans la Revue des Deux Mondes
"George Sand, l'immortelle. Une grande dame"
"Je l’ai aimée, je l’ai admirée, je l’ai vénérée." Victor Hugo
Lettre de George Sand à Gustave Flaubert, 21 décembre 1868
D'ici-là, on pourra lire avec profit l'excellent édito d'Aurélie Julia, "George Sand. Une grande dame"« Cher vieux troubadour », « Mon chéri Cruchard », « Mon Polycarpe », « Cher vieux », « Mon bon camarade et ami », « Cher ami de mon cœur » : tels sont les affectueux surnoms donnés par George Sand à son ami Gustave Flaubert au cours de leurs échanges épistolaires. Ce dernier lui donne en retour un « Chère Maître » des plus cérémonieux qui peine à masquer la tendresse qui déborde de chacune de ses missives. Leur correspondance comprend plus de quatre cents lettres, écrites entre 1863 et 1876, jusqu'à la mort de George Sand, dont la perte laissa Flaubert inconsolable : « Il m'a semblé que j'enterrais ma mère une seconde fois. Pauvre chère grande femme ! Quel génie et quel cœur ! »
Et c'est bien ainsi qu'il faut comprendre la nature de leur relation : une tendre complicité, une « amitié intime » selon le mot du spécialiste Yvan Leclerc, qui ne se démentira jamais malgré leurs nombreux désaccords politiques et artistiques. Le « désir de s'accorder » sera toujours le plus fort (Michel Winock) et survivra à leurs discussions animées autour des mérites de la démocratie, du suffrage universel ou de la révolution, et même – plus important encore – à leurs divergences littéraires sur le style, le but de l'écriture ou la question de la présence de l'écrivain dans son œuvre.
Voici quatre exemples de lettres écrites par George Sand à son « vieil ami », de dix-sept ans son cadet. Ces manuscrits appartiennent à la collection de Jacques Letertre, président de la Société des Hôtels Littéraires. Ces lettres sont exposées en compagnie d'autres manuscrits – livres, notes de travail et lettres – et de précieuses éditions originales à l'Hôtel Littéraire Gustave Flaubert à Rouen – en attendant l'ouverture d'un futur Hôtel Littéraire George Sand...