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"Un astéroïde nommé … Marcel Aymé", par Michel Lécureur

         Qui l'eût dit ? Qui l'eût cru ? Un astéroïde porte le nom de Marcel Aymé. Il s'agit d'un amalgame de roches, métaux et glaces qui gravite tranquillement dans une ceinture d'astéroïdes entre les orbites de Mars et de Jupiter. 

         L'écrivain n'en a rien su puisque son corps céleste n'est connu que depuis 1991 . On doit cette découverte à Éric Walter Elst (1936-2022), astronome belge qui a travaillé quelque temps à l'observatoire de Haute-Provence.

On ne remerciera jamais assez nos amis belges pour le rôle essentiel qu'ils ont joué pour faire connaître Marcel Aymé. On pense évidemment à Pol Vandromme, Marc Laudelout, Raymond Rouleau ou Félicien Marceau qui n'ont jamais raté une occasion de servir la cause de l'auteur de La Jument verte.

Félicien Marceau, de l’Académie française. (1913-2012)

La pose de la plaque « Marcel Aymé » sur le 26 de la rue Norvins fut en particulier l'occasion d'un discours mémorable de Félicien Marceau qui, tout Académicien qu'il fut, n'en était pas moins impressionné au point de faire s'entrechoquer régulièrement sa bague avec le micro...

         Marcel Aymé, là où il est, a dû laisser apparaître son légendaire sourire quand Éric Walter Elst a choisi son patronyme pour baptiser un astéroïde car, lui, n'avait jamais laissé son esprit vagabonder entre Mars et Jupiter.

Il s'était plutôt intéressé à Uranus, en faisant raconter au professeur Watrin qu'il était en train de lire une brochure de vulgarisation sur Uranus lorsque les Américains avaient libéré Blémont.

« Je me rappelle mot pour mot les dernières phrases que j'ai lues. "Malheureuse planète ! Astre sombre roulant aux marches de l'infini, ton destin n'est plus une promesse  et tient en quelques formules de mathématiques. À ton firmament froid, le soleil n'est qu'un point et jamais sa lueur ne dissipe les ténèbres où tu poursuis ta course de géant aveugle. Uranus, ton nom est trompeur, car tu ne connais pas la douceur d'un ciel. Tu ne connais pas non plus la joie d'une eau vive, le mystère d'une eau profonde et ta solitude obscure ne se reflète pas au miroir de la vie. Tout l'amour de la terre ne peut rien pour toi, pas même imaginer ce monstrueux poids de mort naviguant avec elle dans l'espace interplanétaire." »

 

         À la différence de l'auteur de ces lignes, nos astronomes modernes manquent de poésie ou, pour le moins, d'informations. Certes le Centre des Planètes mineures présente ainsi Marcel Aymé : « french novelist, screenwriter and theater playwright. Educated at the College de Dole, he worked as a journalist in Paris while publishing his first novel Brûlebois (1926). His novel La Table aux Crevés won the Prix Renaudot in 1929 ». Mais il ajoute aussi : « He was buried near Montmartre »,  alors qu'il est enterré à Montmartre, au cimetière Saint-Vincent, près du Lapin agile. Quant à la version française, elle cite, pour le Renaudot de 1929, La Table aux Crevasses !

 

              Michel Lécureur

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