Exposition "Proust et les femmes de sa vie : muses et héroïnes" au Swann
Exposition du 16 avril 2026 au 23 juin 2026,
Hôtel Littéraire Le Swann, 11 rue de Constantinople, Paris VIIIe.
Entrée libre de 11h à 20h.
Les Hôtels Littéraires dévoilent leurs collections proustiennes à travers une exposition événement dédiée aux femmes qui ont profondément marqué la vie et l’œuvre de Marcel Proust. Le collectionneur brésilien Pedro Corrêa do Lago – lauréat du prix Céleste Albaret en 2023 –, a prêté pour l’occasion plusieurs photographies et lettres manuscrites issues de sa collection privée.
MARCEL ET SES INTIMES :
Une première vitrine intitulée « Marcel et ses intimes » présente les visages de celles qui ont partagé la vie quotidienne de l’écrivain : sa mère, Jeanne Proust, et sa gouvernante, Céleste Albaret.
On y découvre, entre autres, l’exemplaire n°1 de l’édition originale des « Souvenirs de lecture » de Jeanne dans une superbe reliure d’art en matériaux composites signée Nathalie Berjon, ainsi que plusieurs lettres autographes de Proust. L’une, écrite 14 ans à son grand-père porte des annotations au crayon de sa mère ; une autre, adressée à son ami Georges de Lauris, évoque avec émotion le deuil de sa mère qu’il vient de traverser, faisant écho à sa propre perte ; une autre lettre est rédigée de la main de Reynaldo Hahn : autant de documents qui offrent un aperçu de l’intimité de Marcel Proust.
PROUST ET LES FEMMES DE LETTRES :
La vitrine, « Proust et les femmes de lettres » expose de précieuses éditions originales des volumes d’À la recherche du temps perdu, accompagnées d’envois de l’écrivain à Colette et Horace Finaly, banquier proche de Proust, veuf de Marguerite, qui fait l’objet d’une attention toute particulière à travers les épreuves de ses Reliquiae.
L’ensemble est enrichi de photographies de la comtesse de Noailles et de Colette, ainsi que de correspondances échangées avec ses amies Marie Nordlinger et Marie Scheikevitch, parmi lesquelles figure une lettre autographe de l’écrivain.
PROUST ET LES MODÈLES DE LA RECHERCHE :
Une autre vitrine « Proust et les modèles de la Recherche » dévoile les charmes de la « dame en rose » à travers des photographies d’époque de Laure Hayman ; le salon de Madame Verdurin dans ceux de Madeleine Lemaire et de Geneviève Straus ; le talent de la Berma à travers celui de Sarah Bernhardt ; la beauté d’Oriane de Guermantes transparaît dans celle de la comtesse Greffulhe et son profil en bec d’oiseau ressurgit dans le brouillon d’une lettre de Proust à la comtesse de Chevigné.
PROUST ET LES MÉNAGES À TROIS :
Enfin, la dernière vitrine s’intéresse aux « ménages à trois » qui traversent la Recherche, réunissant notamment Robert de Saint-Loup, le Narrateur et Gilberte Swann ou Rachel.
Photographies, lettres manuscrites et éditions originales redonnent vie à ces relations triangulaires chères à Marcel Proust, à travers les figures de ses amis Gaston Arman de Caillavet, de son épouse Jeanne Pouquet et de leur fille Simone André Maurois.
Mais aussi de Paul Morand et de la princesse Soutzo, ou encore du duc d’Albufera et de Louisa de Mornand. On fait même un tour du côté des Daudet, rue de Bellechasse, dans le salon d’Alphonse et de Julia, parents de Lucien.
HENRIETTE OU L’OUBLI :
L’exposition dévoile encore une pièce exceptionnelle, qui semble tout droit sortie du roman de Proust et déposé sur les épaules d’Albertine : un manteau de velours de soie doré, à motifs persans, signé du grand couturier Fortuny, personnage central de la Recherche, et de son épouse Henriette Nigrin. L’épouse de Mariano Fortuny, souvent présentée comme sa « muse » a joué un rôle fondamental et longtemps oublié dans la création des célèbres tissus Fortuny au sein de leur atelier de Venise. Elle est notamment la créatrice du fameux plissage de la robe Delphos.
Lire l'article de Corine Dromer sur ce blog.