Exposition “Yves Bonnefoy et les trésors bibliophiliques d’un collectionneur”

 

4 février – 30 avril 2026

Hôtel Littéraire Arthur Rimbaud, 6 rue Gustave Goublier, Paris 10e

 

 

 

 

   Le grand collectionneur italien Beppe Manzitti a fait don à l’Hôtel Littéraire Arthur Rimbaud de l’intégralité de sa collection de livres et d’éditions originales du poète et grand rimbaldien Yves Bonnefoy, son ami, dont il fut aussi le traducteur.

  L’ensemble est composé d’une cinquantaine d’ouvrages : poèmes, traductions et essais qui sont désormais exposés dans les vitrines de l’hôtel à Paris.

   Beaucoup comportent de superbes envois et sont rassemblés dans une vitrine dédiée aux plus belles dédicaces.

 

 

La seconde simplicité d’Yves Bonnefoy, Mercure de France, 1961.
Édition originale, exemplaire n°26 sur vélin d’Arches, après 10 sur vergé de Hollande Van Gelder.
Avec envoi : “De nuit, devant le port de Brindisi,
Volaient des anges porteurs de lampes et les feux,
Découvraient leur visage inverse sur la mer
Pour Beppe Manzitti, son ami, Yves” daté du 25 juin 2004 à Paris

 

 

   Yves Bonnefoy (1923-2016) a été l’un de nos plus grands poètes français contemporain, et également critique d’art et traducteur.

 

 

   Un temps proche des surréalistes, il choisit de s’en détacher et publia son premier recueil de poèmes : Du mouvement et de l’immobilité de Douve (1953) aux éditions Mercure de France, qui restera son principal éditeur. Une vitrine entière présente ces éditions poétiques.

 

 

 

   En fervent admirateur de Rimbaud, à qui il consacrera plusieurs essais critiques, cest bien la « réalité rugueuse » quil cherche à étreindre, comme le poète dUne saison en enfer. Selon lui, la poésie, à la différence de la littérature, est porteuse dune intention de « changer la vie ».

   Il garda toujours une importante activité de traducteur, notamment Shakespeare (une quinzaine d’ouvrages) et Leopardi, et conduisit une réflexion sur l’acte du traducteur. Une autre vitrine est consacrée à ces traductions et à ses essais.

 

 

   Devenu professeur au Collège de France en 1981, il continua à donner des conférences dans de nombreux pays.

    Yves Bonnefoy a été rédacteur de la revue L’Éphémère pendant sa durée d’existence (1966-1972). Le premier numéro est conservé dans une vitrine de la bibliothèque de l’hôtel.

   Il s’est beaucoup intéressé aux liens unissant la poésie à toutes les formes artistiques ; il a écrit des essais sur Picasso, Balthus, Giacometti, Mondrian, Alechinsky…

 

 

   Plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature, il a reçu le grand prix de poésie de l’Académie française et le prix Goncourt de la poésie pour l’ensemble de son œuvre ; ses poèmes sont traduits dans une trentaine de langues.

 

 

À venir le mois prochain : un entretien du collectionneur Beppe Manzitti avec Jacques Letertre, pour évoquer sa relation avec Yves Bonnefoy et le contenu détaillé des ces trésors bibliophiliques, désormais disponibles dans les vitrines de l’hôtel Rimbaud pour être admirés par tous les amateurs de livres et de poésie.

 

 

Hélène Montjean