« La passion du collectionneur dépasse toutes les autres en violence… » s’amusait Alexandre Vialatte dans une de ses chroniques. Pour mieux vous initier à l’univers de nos écrivains préférés et pour donner envie aux passionnés de faire le voyage, nous réunissons patiemment autour de notre auteur une collection variée de lettres, de manuscrits et d’objets d’époque. En parallèle, nous demandons à des artistes locaux de réaliser des créations contemporaines dans l’esprit d’un hommage à l’écrivain. Vous pourrez en retrouver certaines dans tous les Hôtels Littéraires, comme un véritable jeu de piste.

Au Swann, nous sommes heureux d’exposer deux créations du couturier Jacques Doucet, dont le mantelet d’opéra porté par la marquise d’Aligre vers 1900 et décrit par Marcel Proust dans la Recherche sur les épaules de la marquise de Cambremer. Juste à côté, vous pourrez lire les reproductions de lettres de Proust à Jean-Louis Vaudoyer évoquant avec précision sa méthode de travail, une autre à la princesse Soutzo, future épouse de Paul Morand, ou à un certain Monsieur Swann qui interrogeait Proust sur le choix de son nom dans le roman. Nous célébrons la photographie avec des créations spéciales de l’artiste russe Alexeï Vassiliev pour les têtes de lit et l’art contemporain avec un étonnant tableau offrant l’intégrale de la Recherche, 3000 pages sur un seul panneau, à lire à la loupe.

Chez Alexandre Vialatte, les sculptures issues du Bestiaire fantastique de son ami Philippe Kaeppelin sont exposées de façon permanente dans les salles du rez-de-chaussée. Dans les vitrines voisines se trouvent des effets personnels de Vialatte aimablement mis à disposition de l’hôtel par son fils Pierre Vialatte : ses cartes de presse, son passeport ou même ses lunettes.

Chez Flaubert, nous exposons une œuvre contemporaine du peintre Hastaire, le « Portrait de Flaubert » imprimé sur bâche et fixé sur un mur extérieur de l’hôtel. Ainsi que les reproductions de précieuses lettres manuscrites : un affectueux billet adressé à son ami Théophile Gautier en 1862 voisine avec une très belle lettre à Louise Colet datée de juin 1852 : « Je sens pourtant que je ne dois pas mourir sans avoir fait rugir quelque part un style comme je l’entends dans ma tête et qui pourra bien dominer la voix des perroquets et des cigales. »

Chez Marcel Aymé, vous retrouverez l’ombre du portrait de l’écrivain sculpté en acier par Jean-Claude Sadoine non loin du chat perché Alphonse et de la Jument verte en papier par Virginie Andrieu, ainsi qu’une citation calligraphiée de Valentine Herrenschmidt. La reproduction d’un dessin de la ferme et deux tuiles d’origine rappellent l’enfance franc-comtoise de Marcel Aymé à la Tuilerie et nous ont été offertes par Jacques Sennepin, président de la Société des Amis de Marcel Aymé.

Comme toute collection, celle des Hôtels Littéraires vit et s’enrichit au gré des voyages, des ventes aux enchères ou de la découverte d’un nouvel artiste de talent.