« Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend », écrivait Paul Verlaine à Arthur Rimbaud depuis Paris vers la fin de l’été 1871. Entrer dans l’hôtel Rimbaud, c’est découvrir ou redécouvrir ce poète génial qui a su bouleverser, malgré son jeune âge, l’univers de la poésie. Venez marcher sur les traces de Rimbaud et user vos “semelles de vent” dans notre belle capitale. On vous attend….»

Mélanie Vandaele, directrice de l’Hôtel Littéraire Arthur Rimbaud

42 chambres personnalisées
Portrait de Rimbaud par Ernest Pignon-Ernest
Espace forme
Bar d’époque et fontaine à absinthe
Manuscrits de la Bibliothèque Littéraire
Jacques Doucet
Ambiance parisienne typique
Présentation

« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans… » écrivait Arthur Rimbaud dans son poème intitulé « Roman ». Il réussit pourtant à réinventer la poésie au point d’impressionner les deux plus grands poètes de l’époque, Paul Verlaine et Charles Cros, venus attendre le jeune prodige Ardennais à la gare de Strasbourg – actuelle gare de l’Est – un soir de septembre 1871.

L’Hôtel Littéraire Arthur Rimbaud a été inauguré le 21 mars 2019, premier jour du printemps et journée mondiale de la poésie. Il est situé 6 rue Gustave Goublier, une petite impasse piétonne et calme située au cœur du 10e arrondissement de Paris, tout près de la Gare de l’Est. C’est un quartier typiquement parisien, idéal pour découvrir la capitale et foisonnant d’une vie artistique et gastronomique.

Au sein d’un confort quatre étoiles, votre chambre est personnalisée et ne porte pas seulement un numéro pour la distinguer des autres mais le titre d’un poème de Rimbaud. Les 42 chambres de l’hôtel sont ainsi réparties en 5 étages consacrés à différents thèmes ; les Premières poésies de Rimbaud – « Le Dormeur du val », « Ophélie », « Ma Bohême », précèdent le 2e étage consacré aux Nouvelles poésies écrites à partir de 1872 : « Fêtes de la patience », « Bonne pensée du matin », « Ô saisons, ô châteaux ».

Le 3 étage évoque les chapitres d’Une saison en enfer, comme « Jadis si je me souviens bien… » et quelques textes du recueil des Illuminations, comme « Aube » et « Génie ». Au 4e, vous accédez aux chambres de l’entourage du poète, depuis ses sœurs Vitalie et Isabelle à Georges Izambard ou Paul Verlaine. Le 5e étage vous emporte dans les voyages de Rimbaud, de Charleville à Aden en passant par Londres, Bruxelles et Harar.

Chaque chambre arbore une aquarelle originale signée de l’artiste Jean Aubertin qui réinterprète le poème ou le texte choisi afin d’en donner une vision contemporaine et personnelle. Il ne vous reste qu’à saisir le recueil des œuvres de Rimbaud, préfacées par René Char, disponible sur votre table de chevet et vous laisser guider par les mots et les sonorités du poète ; vous serez alors presque certains d’avoir « trouvé le lieu et la formule. »

Côté petit déjeuner, l’architecte Aude Bruguière, déjà à l’œuvre dans les autres Hôtels Littéraires, propose de se plonger dans l’atmosphère d’un bar d’époque, aux miroirs et aux poutres savamment usées. Le papier peint décoré de singes évoque « les sujets très naïfs de la tapisserie » et l’atmosphère d’un bonheur retrouvé dans l’antiquité païenne et primitive.

On y retrouve forcément une fontaine à absinthe et tous les ustensiles nécessaires pour mériter le titre flatteur d’« Académie d’Absomphe ». Des reproductions des dessins d’Ernest Delahaye – l’ami d’enfance de Charleville – et de Paul Verlaine, aimablement permises par la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, livrent une sorte de bande dessinée avant la lettre, choisies d’après le thème de la boisson – et il y en a beaucoup.

Le clou du spectacle est sans aucun doute le Rimbaud d’Ernest Pignon-Ernest, rescapé de sa campagne d’affichage Street-Art de 1978 sur les murs de Paris, puis de Charleville. Sa sérigraphie sur papier journal a conservé l’aspect éphémère souhaité par l’artiste, dont la gentillesse n’a d’égale que l’immense talent.

Les bibliothèques présentent la collection privée réunie par Jacques Letertre de l’ensemble des éditions originales rimbaldiennes, depuis Une saison en enfer (1873), l’unique livre publié par Rimbaud de son vivant, aux Illuminations (Mercure de France, 1898). Les tirages de tête des œuvres de Paul Verlaine se mêlent au manuscrit des poèmes de Rimbaud nouvellement édité par les Editions des Saints-Pères.

La reliure de création complète l’ensemble, avec l’édition originale de Rimbaud le fils de Pierre Michon, superbement relié par l’artiste Nobuko Kiyomiya : « Plats de veau noir entièrement recouverts d’un décor finement martelé selon trois orientations ; titre de l’ouvrage en italiques poussées à l’œser marron-gris sur une pièce de box lilas, dos de peau de serpent lilas, doublures et gardes de papier japon mordoré. »

La réception dévoile une atmosphère légère et printanière, avec ses fresques d’épis de blé et ses tapis aux motifs floraux inspirés de Van Gogh. Contemporain de Rimbaud et peintre maudit comme le poète, il est mort également à 37 ans. On dit qu’ils fréquentèrent à plusieurs reprises et au même moment certains quartiers de Londres ; et il n’est pas impossible qu’ils se rencontrèrent.

On retrouve à nouveau des dessins issus du fonds de la Bibliothèque Jacques Doucet ; le portrait de Rimbaud par Paterne Berrichon jouxte le portrait de Rimbaud à la tête rasée d’Ernest Delahaye intitulé « La tronche à machin », à l’occasion de l’enterrement de sa jeune sœur Vitalie en 1875, qui vit simultanément son arrêt définitif de l’écriture et son départ.

En revenant du côté de la bibliothèque aux 500 livres, multilingue et accessible en livres de poche pour tous les visiteurs, on se retrouve sous un curieux plafond peint lumineux aux motifs célestes et contemporains ; des constellations lorsqu’on est un peu loin, plutôt des symboles rimbaldiens quand on se rapproche, mais c’est bien une interprétation du « Bateau ivre » selon la citation voisine. Jean Aubertin propose-là une superbe entrée en matière après son portrait de Rimbaud inspiré de Carjat sur les murs de l’hôtel.

Il n’y a plus qu’à se laisser porter par le souffle de la poésie et de l’alchimie du verbe :

« Il nous a connus tous et nous a tous aimés. Sachons, cette nuit d’hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage, de regards en regards, forces et sentiments las, le héler et le voir, et le renvoyer, et sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, ses souffles, son corps, son jour. »

« Génie » Illuminations.

 

 

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